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Ethiopie : terre de prédilection de l'agrobusiness

[23-08-2011]

Des millions d’hectares de terre arables des pays pauvres sont loués ou rachetés par des Etats, des multinationales et des investisseurs privés.

Une agriculture vivrière délaissée
En Ethiopie, la famine menace plus de douze millions de personnes et la situation n’est pas prête de s’améliorer. En plus de la sécheresse et de la famine, le pays doit surmonter un nouveau fléau : la politique de gestion des terres menées par le gouvernement.

Depuis peu, l’Etat éthiopien loue ses terres cultivables aux plus offrants et encourage les grandes exploitations tournées vers l’exportation (agrocarburants, canne à sucre, huile de palme,…) au grand désespoir des petits producteurs locaux. La raison de la mise en œuvre de cette politique est simple : le gouvernement, en manque de fonds, délaisse l’agriculture vivrière peu rentable au profit de contrats juteux avec des investisseurs privés ou pays étrangers. Une occasion en or pour ces derniers qui  ne peuvent qu'être alléchés par le prix de la location de la terre en Ethiopie (seulement 4,3 euros par hectare et par année).

La modernisation de l’agriculture paysanne
La terre en Ethiopie donne l’un des rendements les plus bas au monde et les méthodes agricoles sont encore très archaïques. Tels sont les arguments invoqués par le gouvernement éthiopien pour justifier sa politique d’ouverture. Une orientation qui permettrait, selon les autorités du pays, de moderniser le secteur agricole et augmenter les recettes qui en découlent. Le marché conclu avec les investisseurs étrangers est le suivant: ils bénéficient d’un faible coût d’exploitation et en échange l’Etat éthiopien bénéficie de meilleures infrastructures agricoles et donc d’une productivité accrue.


Voilà pour ce qui est de la théorie mais en pratique, il ne s’agit ni de développement rural ni de garantie d’une certaine sécurité alimentaire pour la population éthiopienne mais plutôt d’une extension toujours plus importante de l’agrobusiness.


Valentine Vanderstichel, stagiaire à SOS Faim