
Selon l’ACDIC (Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs), le Cameroun a importé 545 000 tonnes de riz en 2011. Cela représente une dépense de 145 milliards de FCFA (soit environ 220 millions d’euros) et ce chiffre est en continuelle progression ces dernières années.
Cette dépendance aux importations massives n’aide en rien le développement du pays, soumis aux fluctuations des cours internationaux. La flambée du prix des céréales ces dernières années, alourdi encore le poids financier de ces importations. « La preuve, en 2007 le Cameroun avait importé 727 000 t de riz pour 90 milliards (d’FCFA). En 2011 pour 545 000 t de riz importé, le Cameroun a dépensé 145 milliards. » peut-on lire sur le site web de l’ACDIC.
Pourtant une trentaine d’années plus tôt, le Cameroun produisait encore près de 80% de sa demande domestique en riz . Depuis, le pays fait face à une crise économique qui rend impossible tout soutient à la riziculture. C’est pourtant une nécessité si le pays veut répondre à l’augmentation de la demande. Même si des efforts sont entrepris au niveau national, le chemin est encore long car les superficies aménagées pour la culture du riz ne représentent que 25 000 ha. Le potentiel agricole est loin d’être exploité !
L’association estime donc qu'une «prise de conscience effective s'impose. Il est anormal que nous importions du riz alors que des dizaines de moissonneuses batteuses sont immobilisées sous la pluie et le soleil à Ebolowa.»

Mais là n’est pas le seul nerf de la guerre. Du côté des paysans et ONG, cette réforme est perçue comme une opportunité d’enfin revoir le modèle actuel et d’évoluer vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement.
Le député européen José Bové publie, en collaboration avec le journaliste Gilles Luneau, le livre « Changeons de cap, changeons de PAC ».
Selon lui, trois axes doivent guider la future PAC :
Il propose également plusieurs pistes pour atteindre ces objectifs :
Il insiste en outre sur l’importance du rôle des consommateurs. Arguant que si les prix des produits de l’agriculture biologique sont plus élevés, c’est essentiellement parce que celle-ci n’est pas soutenue comme l’est l’agriculture intensive.
Dans son livre, Bové aborde la « déchirure paysanne » qui existe en France. Voilà plus de vingt ans que l’agriculture est totalement déconnectée des réalités des gens et qu’un fossé s’est dessiné entre les « mangeurs » et les producteurs français. José Bové estime donc qu’il est capital que l’agriculture revienne au centre des préoccupations de tous.