
En 2001, une équipe de chercheurs congolais a mené une enquête auprès d’un échantillon de 400 ménages dans les zones rurales du Sud Kivu afin d’évaluer le degré d’applicabilité de l’approche genre dans le fonctionnement des familles. Le constat n’est guère encourageant : les rapports entre l’homme et la femme évoluent vers des rapports d’exploitation plutôt que vers une complémentarité réelle, pourtant gage du développement durable. L’équipe de chercheurs, composée de sociologues et techniciens en développement rural, décide alors de créer une association sans but lucratif dénommée « Tous pour le Genre dans le Développement » (T.G.D). Cette association œuvre pour la construction d'une société plus juste, équitable et équilibrée au Sud-Kivu basée sur l'équilibre dans les relations entre l'homme et la femme. Elle a pour objectif de contribuer à l'amélioration du statut de la femme au Sud-Kivu.
Aujourd'hui, l'ONG Tous pour le Genre dans le Développement encadre plus de 648 ménages pauvres via le microcrédit. Les ménages sont regroupés dans des groupes solidaires nommés « cercles de genre ». Il s’agit des familles d’enseignants dont l’Etat ne paie pas ou très mal les salaires. En proposant des crédits aux conjoint(e)s d'enseignants, TGD permet aux professeurs de poursuivre l’enseignement tandis que leurs conjoint(e)s créent des activités génératrices de revenus pour le foyer. L’ONG propose des microcrédits afin de relever le pouvoir d'achat de la famille, ce qui a comme effet secondaire de valoriser le rôle de la femme, mais aussi d’inciter une prise de décision commune entre les deux genres dans le ménage. TGD souhaite également proposer des microcrédits à environ 500 femmes victimes de viols et violences sexuelles pour leur réinsertion sociale.

TGD et SOS Faim. SOS Faim apporte un appui financier à TGD lui permettant de proposer des crédits à des enseignants et à leur famille. SOS Faim appuie également le renforcement des capacités de l’équipe.