Au Mali, un syndicat se bat pour que les riziculteurs puissent vivre de leurs productions.

financement SOS Faim Belgique

Non propriétaires de leurs terres, les riziculteurs ont formé un syndicat pour défendre leurs intérêts

Au Mali, les riziculteurs ne sont pas propriétaires de leurs parcelles et doivent payer de fortes taxes à l’Etat d’année en année pour pouvoir continuer à y cultiver. C’est notamment le cas dans la zone dite « Office du Niger », du nom de l’organisme parapublic qui aménage et entretient des canaux et périmètres irrigués et gère les terres. Lorsque la récolte est mauvaise, il faut quand même payer… ou c’est l’expulsion. Face à cette situation, en 1996, des producteurs se sont regroupés pour former le Syndicat des Exploitants Agricoles de l’Office du Niger (SEXAGON) afin de défendre les intérêts des paysans de la zone par rapport à l’Office du Niger, dont les décisions étaient trop souvent prises au détriment des agriculteurs. Faliry Boly, rejoint par près de 12.000 autres paysans, a fait du syndicat une force qu’il est difficile d’ « oublier » lors de réunions relatives à l’aménagement de la zone.

Les combats du Syndicat des Exploitants Agricoles de l’Office du Niger (SEXAGON)

Le SEXAGON a pu rétablir des familles qui avaient été chassées de leur terre. Plus largement, il s’intéresse également à :

  • la question foncière : propriété du sol, insécurité foncière, accès difficile à la terre, location à des sociétés étrangères.
  • l’organisation du marché du riz et en particulier la mise en place de coopératives de commercialisation.
  • La question environnementale : la salinisation des terres, la baisse des rendements, la gestion de l’espace et le déboisement à cause des aménagements de nouvelles parcelles.
  • L’accès aux intrants (engrais, matériel) de qualité, en quantité suffisante et en temps opportun ainsi que l’accès au crédit (taux d’intérêts élevés et échéances trop courtes).

Des résultats concrets qui nous encouragent à continuer

Les producteurs de riz ont constitué 70 coopératives grâce auxquelles les paysans organisent des achats groupés d’intrants (semences, engrais) et centralisent la transformation et la vente de leurs récoltes.

Le stockage, le transport et la commercialisation du riz sont fortement améliorés grâce au Sexagon.

10 « mini rizeries » ont été installées et permettent aux membres de vendre leur riz décortiqué à meilleur prix.

Nouveau : L’accès au crédit et à l’épargne pour les producteurs de riz.

En 2009, le FAIR (Fonds d’Appuis aux Initiatives Rurales) est mis en place. Il est né du rapprochement de deux de nos partenaires : le SEXAGON et Kafo Jiginew, une des plus grandes institutions de microfinance au Mali.

Kafo Jiginew a créé 4 nouveaux guichets dans la zone rizicole de l’Office du Niger afin d’offrir un service de proximité adapté aux riziculteurs.

3126 crédits ont pu être octroyés pour acheter des semences, des engrais, un bœuf, de l’équipement. Le système fonctionne bien. Le taux de remboursement atteint 99,46 %.

SOS Faim : partenaire SEXAGON

Pour aller plus loin

Faliry Boly, secrétaire général de la fédération
des coopératives du Sexagon